Millésime 2002: ce qu'ils en pensent
Charles joguet (Chinon)
"C’est septembre qui fait ou défait la vendange" : cette parole de vigneron trouve tout son sens dans ce millésime 2002. Si nous devions choisir un seul qualificatif pour le définir, "inespéré" l’emporterait sans peine... Cette année, ébourgeonnage, effeuillage et vendanges en vert ont été effectués sur l’ensemble du vignoble, en dépit d’un climat peu propice, avec alternance de pluie, de froid et de grosses chaleurs s’achevant en orage ! Heureusement, le passage de la fleur, début juin, s’est déroulé admirablement.
Septembre retrouvant les vents d’est, le soleil et le sec, ce sont des raisins re-concentrés et très mûrs qui ont ouvert le bal des vendanges le 4 octobre, comme l’an passé.
Petite particularité cette année : les coteaux étaient dans l’ensemble à maturité avant les terroirs de graves. La récolte a donc débuté par le Clos du Chêne Vert et s’est poursuivie de la plus belle manière durant quinze jours ensoleillés et secs, avec les tris méticuleux habituels.
Le rendement moyen sur l'ensemble des parcelles, de l'ordre de 45 hl/ha, est un tout petit peu supérieur à 2001.
Jacky Blot (Montlouis, Vouvray)
16/20 Le plus beau rétablissement depuis bien longtemps, un mois de septembre et un début octobre magique. Des secs (18/20) et demi-secs d'une précision inconnue depuis 1996. Peu de moelleux, la pluie est malheureusement arrivée dix jours trop tôt.
Bernard Baudry (Chinon)
2002 « Année Suspense ». Après un départ en végétation précoce et sans gelées, l’été nous a donné quelques frayeurs : pluviométrie normale mais un ensoleillement faible.
Fin août, nous sommes plutôt pessimistes, la véraison se termine mais l’humidité nous fait craindre des attaques de pourriture grise.
Et puis… Miracle ! Septembre arrive. Un vent d’Est plutôt frais est venu sécher les raisins. Trois semaines de journées ensoleillées ont permis aux grappes de se déshydrater et de concentrer les sucres.
Fin septembre, le moral est revenu et les vendanges peuvent se dérouler à partir du 4 octobre dans des conditions exceptionnelles et sans pluies.
2002 est un grand « charmeur ». Les couleurs sont vives et profondes. Les arômes de fruits mûrs prouvent bien que les raisins étaient très riches. C’est en 2002 que nous avons trouvé en moyenne, les degrés les plus élevés de tous nos millésimes.
Le millésime 2002 est très prometteur, on ne peut pas parler de millésime exceptionnel car une grande année se prépare pendant toute la saison, mais il interpelle par son charme et sa gourmandise.